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Société Générale choisit CDLK pour son programme de cashback en magasin

Société Générale choisit CDLK pour son programme de cashback en magasin

Tags : Banque Carte Bancaire Cashback CDLK Paiement Société Générale

Novembre 2019

Article paru sur  MindFintech le 15 novembre 2019

Alors que les nouveaux acteurs positionnés sur le cashback promettent des programmes de plus en plus personnalisés, Société Générale fait un choix inverse en ajoutant un nouveau volet à son programme Grande Avenue, dévoilé le 15 novembre. Ce projet concerne le cashback en magasin, car depuis la création de Grande Avenue (opérée par la filiale du groupe CFC Services) en 2014, seules des offres en ligne étaient proposées aux membres du programme de cashback via des liens d'affiliation. La nouvelle offre est baptisée "Le Cashback Société Générale". 

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Objectif : apporter un service différenciant par rapport aux concurrents, dont très peu proposent actuellement ce type de programmes. LCL, pionnier en la matière, développe Avantage+ depuis 2015. Banque Casino pilote également un programme, mais le cashback ne peut être dépensé que dans les magasins du distributeur. Des start-up comme Capital Koala, Joko ou Poulpeo sont aussi actives. 

L'ancien programme Grande Avenue s'élargit donc avec une offre de cashback en magasin. Le mot d'ordre : simplicité pour le client. Pas besoin de pré-activation des offres : une fois le client enrôlé dans le programme, le cashback est engrangé automatiquement à chaque paiement chez un partenaire avec la carte Société Générale. Le bonus est versé sur une cagnotte trois jours après l'achat. Pour cela, CFC Services a fait appel à CDLK. Contrairement aux nouveaux entrants qui accèdent aux données via des agrégateurs dans le cadre de la DSP2, la start-up récupère le flux monétique directement auprès de la banque puis les analyse de manière à identifier les enseignes et points de vente partenaires (lire notre dossier “ comment mettre en oeuvre un programme de cashback"). La cagnotte dédiée au cashback est affichée dans la synthèse des comptes du client, et peut être reversée sur le compte courant à partir de 20 euros. 

Pas d'offres personnalisées

Tous les clients reçoivent le même pourcentage de cashback, quel que soit la gamme de leur carte Société Générale. Et, alors que les nouveaux acteurs du cashback (dont CDLK) proposent aux commerçants partenaires de cibler leurs campagnes grâce à l'analyse des données bancaires (en offrant par exemple une réduction plus élevée aux nouveaux clients, à ceux qui ont l'habitude d'aller chez le concurrent, etc...), Société Générale refuse toute personnalisation. “Nous ne voulons pas exploiter les données des clients auprès des partenaires", indique Stéphanie Vuillemin, responsable marketing services aux particuliers.  

Mais si l'offre est pensée pour être simple pour les clients, convaincra-t-elle les commerçants, qui financent la totalité du cashback ? “L'enseigne a une visibilité sur le site Société Générale, auprès d'une audience de qualité", assure Stéphanie Vuillemin. Reste qu'avec l'automaticité du versement du cashback, il n'est pas garanti que les clients prennent la peine d'aller régulièrement voir qui sont les partenaires et que le programme permettra de recruter de nouveaux clients ou d'augmenter la fidélité et le panier moyen des existants. “Les clients pourront voir sur leur cagnotte quels achats leur ont rapporté de l'argent", rappelle la responsable marketing.  

Un seul partenaire de référence

Pour mettre les commerçants en avant, le programme vise donc un nombre restreint “de grandes enseignes nationales, contrairement à LCL qui enrôle de plus petits commerçants pour son programme Avantage+", commente Stéphanie Vuillemin. Et pour la plupart des secteurs, comme les stations-service par exemple, Société Générale “choisira un seul partenaire de référence", indique  Bertrand Cozzarolo, directeur adjoint clients, distribution et marketing du groupe bancaire. 

Pour l'instant, CFC Services a signé avec vingt partenaires commerçants, qui représentent 1 500 points de vente en France (parmi lesquels SIXT, BP, Conforama, les marques d'habillement Caroll, Kaporal, André et Cyrillus, GoSport, Oui.SNCF, Urban Sports Club...). Le programme va continuer à s'enrichir, notamment sur le voyage et les loisirs, pour monter jusqu'à une quarantaine de partenaires environ. 

Si le marché évolue vers la personnalisation, SocGen s'adaptera

“Nous présenterons tous les mois à nos partenaires commerçants des statistiques anonymisées montrant quel pourcentage de chiffre d'affaires est constitué par des personnes qui n'étaient pas clientes auparavant", assure la directrice marketing, qui indique que le programme est encore trop jeune pour disposer de chiffres. 

“Pour l'instant, nous avons réussi à obtenir des remises génériques très satisfaisantes de la part des commerçants partenaires, et nous ne voulons pas être trop agressif en poussant des offres commerciales aux clients, explique Bertrand Cozzarolo. Le cashback oscille entre 3 et 12% chez les vingt partenaires du programme. Pour autant, Bertrand Cozzarolo reconnaît que “cibler grâce à de la donnée client est une demande forte des enseignes". “Si l'on se rend compte que des logiques de ciblage avec accord du client sont nécessaires pour obtenir des remises intéressantes, alors nous pourrons y réfléchir. Mais pour l'instant, nous n'y avons pas été obligés."

250 000 adhérents

Grande Avenue comptait 180 000 adhérents quand le programme, jusque-là réservé à une clientèle haut de gamme, a été ouvert à tous les clients de Société Générale  en avril 2018. mind Fintech révélait alors qu'un total d'un million d'euros de cashback avait été reversé aux clients depuis la création du programme, en 2014. Il en comptait entre 220 000 et 230 000 fin octobre et, avec le lancement du cashback en magasin début novembre, le compteur serait déjà grimpé à 250 000. Depuis début novembre, 15 000 euros de cashback ont été reversés (à la fois en ligne et en magasin).   

Le programme va être promu via des notifications sur les applications dans les semaines à venir. “Nous estimons que la moyenne de nos clients pourraient, en combinant le cashback en ligne et en magasin, recevoir en moyenne 100 euros par an", assure Stéphanie Vuillemin. Tous les porteurs de carte du groupe sont ciblés, soit 5 millions de clients environ.  

 

Pour lire le communiqué de presse CDLK

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Un Français sur deux juge peu lisibles ses relevés de carte bancaire

Un Français sur deux juge peu lisibles ses relevés de carte bancaire

Tags : Banque Carte Bancaire Paiement Relevé de compte

Juillet 2019

A la Une de Point Banque le 8 juillet 2019

Plus d'un Français sur deux a déjà éprouvé des difficultés à identifier l'origine d'une dépense sur son relevé de carte bancaire et plus d'un quart a même craint un risque de fraude. Telle est la conclusion d'une étude réalisée par Opinion Way pour le compte de la Fintech CDLK : « Les Français et le suivi des dépenses par carte bancaire ».

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Alors qu'une grande majorité des Français (86 %) considère que leur banque évolue positivement en intégrant les dernières technologies à leur offre de service, les relevés bancaires ne sont pas encore jugés satisfaisants.

Dépenses difficiles à identifier et risques de fraude

52 % des sondés ont déjà éprouvé des difficultés, lors de la consultation de leur relevé de dépense carte bancaire, à identifier un commerçant. Cette ambiguïté inquiète plus de la moitié des personnes concernées (54%), qui ont craint un risque de fraude.

Cette difficulté engendre des inquiétudes, et un taux d'appel téléphonique vers la banque assez important: 38 % des sondés ont eu recours à leur banque pour obtenir une clarification, et poser des questions qui restent souvent sans réponses, ce qui génère un grand nombre d'appel.

Les Millenials sont particulièrement concernés, avec 72 % des 25-34 ans ayant éprouvé des difficultés dans la lecture de leur relevé. 45 % ont craint un risque de fraude.

Un intérêt grandissant pour un suivi précis des dépenses

La possibilité d'obtenir un meilleur suivi des dépenses effectuées par carte bancaire intéresse de  nombreux sondés. 77 % déclarent ainsi qu'ils seraient intéressés par la possibilité d'identifier le commerçant sur le relevé pour chacune des dépenses effectuées, dont 33 % sont très intéressés.

Parmi les sondés ayant eu un doute sur l'origine d'une dépense carte bancaire, 91 % sont intéressés par des libellés plus précis et plus explicite des dépenses effectuées. L'intérêt pour cette amélioration dépasse même le périmètre des personnes directement confrontées à cette problématique d'identification puisque 73 % des utilisateurs réguliers ayant déclaré n'avoir jamais rencontré cette difficulté sont intéressés par ce service.

Les jeunes apparaissent également en forte attente de ce type d'évolution : 83 % des utilisateurs réguliers âgés de moins de 35 ans (contre 76 % des utilisateurs plus âgés) sont intéressés par la possibilité d'avoir des informations plus précises sur les dépenses effectuées.

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Que deviennent vos données bancaires quand vous changez de banque ?

Que deviennent vos données bancaires quand vous changez de banque ?

Tags : Banque Big Data Carte Bancaire Open Banking Paiement

Juin 2019

Article paru sur  Cbanque le 06 juin 2019

Vos données bancaires sont riches d'informations hautement confidentielles. Mais que deviennent-elles quand vous changez de banque ? Le point sur la question, un an après l'entrée en vigueur d'un règlement européen qui est censé avoir tout changé.

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RGPD, an 1. Le 25 mai 2018, le « règlement général sur la protection des données » entrait en application. Objectif : encadrer et harmoniser, à l'échelle de l'Union européenne, le traitement des données à caractère personnel. Il y avait urgence : la précédente directive sur le sujet datait de 1995. Trois ans, donc, avant la création de Google, en 1998 en Californie...

Pensé pour répondre aux nouveaux défis posés par les géants du numérique - notamment les fameuses GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) - le texte s'applique plus généralement à toutes les entreprises qui détiennent des données personnelles. Notamment aux banques qui doivent, comme les autres, permettre à leurs clients de faire valoir leurs droits, certains créés, d'autres consolidés par le RGPD. Deux en particulier : le droit à la portabilité et le droit à l'oubli. En résumé, la possibilité de récupérer, à la demande, ses données personnelles, le cas échéant pour les transmettre à un tiers, ou d'en demander l'effacement.

Quelles sont les données concernées ?

C'est la première question à laquelle les banques ont dû répondre pour mettre en oeuvre ces droits. Il n'y a pas d'ambiguïté pour les informations fournies directement par l'usager : son état-civil, son adresse, ses situations familiale et professionnelle, etc. Il en va différemment des données dites transactionnelles, celles qui figurent sur les relevés de compte : virements, prélèvements, retraits de cash, paiements par carte, etc. S'agit-il de données personnelles ?

D'un point de vue juridique, cela ne fait pas vraiment débat. « Sauf s'il est anonymisé, l'historique des transactions est considéré comme une donnée personnelle, et à ce titre rentre dans le champ du droit à la portabilité et à l'oubli », explique Thibault Verbiest, avocat associé au sein du cabinet DS Avocats et spécialiste du sujet. Confirmation du côté de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), qui supervise la mise en oeuvre du RGPD en France. « Le Comité européen de la protection des données a estimé que les informations figurant sur les relevés bancaires, produites dans le cadre de l'activité du compte, étaient des données personnelles et relevaient du droit à la portabilité », annonce Clémence Scottez, cheffe du service des affaires économiques de la CNIL.

Puis-je emporter mes données de paiement avec moi quand je quitte ma banque ?

A partir du moment où il s'agit de données personnelles, la réponse est oui : le droit à la portabilité s'applique aussi aux données de paiement. En ce sens, « le RGPD est de nature à renforcer la mobilité bancaire », estime Thibaut Verbiest, en complétant les dispositifs existants, notamment le  mandat de mobilité lancé en février 2017. L'intérêt de s'emparer de ce droit dans le cadre d'un changement de banque est assez clair. Plus besoin, en effet, de repartir de zéro : vous conservez l'historique de vos transactions, et votre nouvelle banque acquiert sur le champ une large connaissance de vos habitudes, qu'elle peut transformer en services à valeur ajoutée : aide à la gestion budgétaire, conseils hyper-personnalisés, avantages fidélité, etc.

 

Quand je quitte ma banque, puis-je lui demander d'effacer mes relevés de compte, entre autres données personnelles ?

La réponse est encore oui, au titre du droit à l'oubli. Dans les faits toutefois, sa mise en oeuvre se frotte à certaines limites. Les banques, en effet, ont « des obligations réglementaires de conservation des données », rappelle Clémence Scottez, de la CNIL. Pendant cinq ans, par exemple dans le cadre de la lutte contre le blanchiment. « Les banques doivent conserver les données pendant une durée raisonnable, ou imposée par la loi le cas échéant », confirme Me Thibault Verbiest.

La CNIL, toutefois, encourage certaines bonnes pratiques. « Les données doivent passer dans un état d'archivage intermédiaire », détaille Clémence Scottez. « De cette façon, elles ne sont plus consultables par les conseillers en agence, mais reste accessibles en cas de demande de Tracfin ».

Les banques françaises remplissent-elles leurs obligations ?

La plupart des banques ont joué le jeu du RGPD en adaptant leurs conditions générales et en nommant des délégués à la protection des données (DPD). Dans les faits toutefois, l'exercice des droits à la portabilité ou à l'oubli dans la banque semble très imparfait.

Premier problème : certaines enseignes refusent, contre l'évidence, de considérer les relevés de compte comme des données personnelles, limitant de fait le droit à la portabilité. « Cela suscite des plaintes d'usagers, qui sont en cours d'instruction », confirme Clémence Scottez. Autre obstacle : la mise en oeuvre concrète. Talend, qui vend aux banques des solutions pour gérer les données de leurs clients, a effectué quelques tests grandeur nature sur des demandes de portabilité. Bilan : « Les banques ne sont pas prêtes », tranche Jean-Michel Franco.

Plus généralement, le directeur marketing de Talend s'étonne qu'aucune banque n'ait fait le choix d'utiliser ce droit à la portabilité de manière offensive, en proposant à des futurs clients de leur confier leurs données en échange de services à valeur ajoutée. « Elles ont mis en oeuvre le RGPD comme une contrainte réglementaire, pas comme un avantage concurrentiel », constate-t-il. Ce faisant, elles ratent une opportunité : la plupart des observateurs du secteur s'accordent en effet à dire que la donnée transactionnelle, et sa valorisation, sera au coeur des futurs modèles économiques de la banque de détail.

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La vertigineuse transformation de l'industrie du paiement

La vertigineuse transformation de l'industrie du paiement

Tags : Banque Carte Bancaire GAFA Paiement

Juin 2019

Dossier paru dans   Le Monde le 05 juin 2019

Longtemps assimilée à une austère affaire de tuyauterie bancaire, la facilitation des paiements du quotidien fait désormais figure de véritable mine d'or. De puissants acteurs émergent, se disputant à coups de milliards une activité innovante et stratégique.

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Payer l'addition au restaurant sans faire signe au serveur, sans attendre la 
note, grâce à un identifiant sur la table du déjeuner, fait partie des innovations sur lesquelles travaille Lyf Pay, l'application de paiement mobile soutenue notamment par BNP Paribas et le Crédit mutuel. Un autre projet maison permet de régler son parking sans quitter son volant, par la lecture de la plaque d'immatriculation.

Tapie derrière ces petits services du quotidien se dessine la nouvelle obsession de l'industrie du paiement : faire disparaître le paiement. A l'image de l'achat avec le one clic (« en un clic ») d'Amazon. Ou d'un Uber, le géant du VTC, qui transporte ses clients sans qu'ils aient à sortir leur portefeuille, la course étant réglée automatiquement par le biais de l'application mobile. « On aime consommer, mais personne n'aime payer. Progressivement, pour toute une série de transactions liées à la vie quotidienne, le paiement va s'effacer en arrière-plan », prédit Marc Niederkorn, spécialiste de la question au sein du cabinet McKinsey.

Le paiement n'a longtemps été qu'une affaire de tuyauterie déléguée dans les banques 
aux collaborateurs les moins gradés. En quelques années, cette industrie austère a entamé une étonnante « remontada », transformant une simple commodité en une activité innovante et stratégique, que se disputent à coups de milliards de dollars les institutions financières, les start-up et les géants de la tech.

Plus de code SMS


Le succès du néerlandais Adyen illustre cette nouvelle puissance. Si la start-up n'a pas quinze ans d'existence, elle a réussi une razzia sur le marché des e-commerçants. Son nom reste inconnu du grand public, mais c'est notamment elle qui traite les paiements d'Uber (elle a contribué à installer dans le paysage le paiement en « zéro clic »), Blablacar, Netflix, Spotify et Deezer, eBay, Gap, H&M, Leboncoin ou Showroomprivé et de plus de 3 400 autres clients. « En France, Adyen a déjà la même part de marché qu'un grand réseau bancaire sur le secteur du commerce en ligne », ne peut que constater un banquier français. Pour les paiements en ligne, Adyen vend à ses commerçants un paiement « sans friction », qui saute la case de la sécurisation de la transaction par l'envoi d'un code SMS. L'e-marchand n'est plus protégé par une banque en cas de fraude. En contrepartie, il ne perd pas de clients en route, alors que l'étape du SMS ferait échouer « 12 % des achats en France, et 40 % aux Etats-Unis », selon la start-up.

Et pour sécuriser ses transactions, Adyen utilise un algorithme qui lui permet, par exemple, de déceler si le numéro de la carte bancaire a été entré par un robot, en évaluant si la vélocité avec laquelle les chiffres sont reproduits dépasse la dextérité humaine.

Aux marchands en ligne, comme aux chaînes de magasins ayant pignon sur rue, l'entreprise propose une offre clés en main, qui leur permet d'accepter toutes les solutions de paiement, y compris les chinoises Alipay ou WeChat Pay. « Quand un groupe veut se lancer dans plusieurs pays, il doit signer avec 70 ou 80 banques locales. Avec nous, le commerçant ne signe qu'un contrat, pour une seule intégration technique. Nous remplaçons tous les intermédiaires », explique Philippe de Passorio, directeur général d'Adyen France. Nous voulons être le moteur silencieux du commerce mondial. »

Le secteur est en effervescence

Les investisseurs apprécient. Alors que son revenu net n'a pas dépassé les 350 millions d'euros en 2018, l'entreprise vaut désormais en Bourse plus de 20 milliards d'euros, soit plus que la Société générale. Dès son premier jour de cotation à Amsterdam, en juin 2018, Adyen a surpris le marché en doublant sa valeur en quelques dizaines de minutes.

Son concurrent américain Stripe, avec un positionnement identique, a été valorisé lors de sa dernière levée de fonds, en janvier, 22,5 milliards de dollars (20 milliards d'euros). Depuis, le secteur est en effervescence. L'américain Fiserv a mis la main sur son compatriote First Data pour 22 milliards de dollars, le britannique Worldpay a accepté une offre d'achat de 43 milliards de dollars du géant américain Fidelity National Information Services (FIS) – la plus grosse opération dans le métier des paiements –, et, très récemment, l'américain Global Payments a annoncé le rachat de TSYS pour 21,5 milliards de dollars.

Autant de signes avant-coureurs de la formation d'une bulle ? « Le secteur offre une réelle plus-value économique et une capacité à se développer », analyse Marc Niederkorn. Selon McKinsey, le paiement (au sens large, en intégrant le compte courant utilisé pour les transactions) représente plus d'un tiers des revenus d'une banque. Et les perspectives s'annoncent excellentes : le nombre de transactions par carte bancaire augmente chaque année de 6 % à 8 % en Europe, porté par le sans-contact et le déclin du cash.

Surtout, l'expansion de l'e-commerce rebat les cartes. « Aujourd'hui, seulement 4 % à 5 % des dépenses dans le monde se font sur Internet. Nous n'en sommes donc qu'au tout début. Ce marché va exploser, avec des modèles d'affaires très différents de ceux du passé, affirme Guillaume Princen, directeur général Europe Continental de Stripe. En France, par exemple, un tiers des entreprises qui se sont créées ces dernières années sont des plates-formes ou des places de marché. »Les accompagner à l'international pour la partie paiement constitue une aubaine pour des spécialistes du paiement électronique comme Stripe ou Adyen.

Les GAFA, un pied dans la porte

Les GAFA ont déjà mis un pied dans la porte. Google, Apple, Facebook et Amazon déploient leurs solutions de paiement à travers le monde. « La véritable valeur de l'activité des paiements, c'est la donnée. Ils permettent de comprendre encore mieux les comportements des consommateurs, indique Julien Maldonato, associé chez Deloitte. Les Google de demain devront maîtriser la donnée de paiement. Soit les GAFA remporteront le match et renforceront leur puissance, soit de nouveaux acteurs, comme Adyen ou Stripe, deviendront les nouveaux géants. »

Quelle place restera-t-il alors aux banques ? Elles qui tenaient le haut du pavé conservent certes les tuyaux où circulent les flux financiers, mais commencent à voir les relations avec leurs clients commerçants leur échapper. « Le modèle traditionnel où l'on équipait les commerçants avec des terminaux de paiement est remis en cause », reconnaît un grand banquier de la place. Entre levées de fonds, cotations et rachats, leurs concurrents disposent de beaucoup plus de moyens pour investir dans les technologies les plus performantes.

Par le passé, l'Europe bancaire n'a pas su résister à la toute-puissance des réseaux américains Visa et MasterCard. Face à l'appétit des nouveaux champions américains et chinois du paiement, elle a choisi de répliquer en lançant un moyen de paiement domestique. Depuis le mois de novembre 2018, avec le soutien technique de la Banque centrale européenne, de nombreuses institutions proposent à leurs clients d'échanger des paiements instantanés, de compte à compte, sans passer par la carte bancaire. Ces virements électroniques, effectués en quelques secondes, devraient entrer progressivement dans les habitudes des Européens pour payer « de personne à personne », pour régler ses courses en supermarché, ou payer en ligne chez un e-commerçant. Le paiement est devenu un enjeu de stratégie industrielle et de souveraineté.

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Avril 2019

PANORAMA DES FINTECH FRANÇAISES 2019

Pour la troisième année consécutive, France Fintech publie le Panorama des fintech françaises en partenariat avec  BlackFin Tech.

Plus de 500 entreprises recensées, CDLK y figure dans la section Bankin - PFM, sans oublier la partie fidélisation et programmes de cash-back qui reste l'un des services phares de notre fintech !


Mars 2019

Top 10 Trends in Payments 2019 by Capgemini

Customers' increasing expectations for value-added services are stirring fast-paced disruption in today's payments industry while regulators push collaboration and open ecosystems, and agile new entrants transform the scene even further. Business as usual now demands continuous innovation and adoption of emerging technologies such as application programming interfaces (APIs), real-time payment (RTP) infrastructure, robotic process automation (RPA), and the Internet of things (IoT). Powered by these enabling new technologies, open banking is encouraging firms to adopt Platform-as-a-Service (PaaS) delivery models to connect various stakeholders for the exchange of data and value. Heightened openness is spurring the need for robust digital identity, advanced data and privacy protection, and regulators' emphasis on balancing supply push with market-demand pull. Based on the latest industry activity, our analysis of the top-10 payments trends for 2019 explores changing landscape dynamics and potential challenges and benefits.